Le 25 janvier 2007, Smithfield Foods Inc, le premier producteur de viande de porc aux Etats-Unis, annonçait sa décision d’abandonner les stalles de gestation. Cette décision, qui concerne 1 200 000 truies dans 187 élevages, prévoit la disparition progressive des stalles de gestation sur une période de 10 ans, et une conduite des truies en groupes dans des enclos leur permettant des rapports sociaux et une liberté de mouvements.
Le géant Maple Leaf Foods, 1er producteur porcin au Canada, a annoncé le 31 janvier son intention de suivre l’exemple américain, et de s’engager sur la voie de l’abandon progressif des stalles de gestation d’ici 10 ans.
Effet domino ? A l’approche de la chandeleur, le marché européen de l’œuf est en pleine révolution : l’une après l’autre, les enseignes européennes de la grande distribution tournent le dos aux œufs de batterie. Après Carrefour, Intermarché, Cora et Match en Belgique, l’ensemble des supermarchés néerlandais et suisses, Rewe et Aldi en Allemagne, Marks & Spencers, Waitrose et Co-op au Royaume-Uni, le géant britannique Sainsbury’s vient d’annoncer que les œufs de poules élevées en cage quitteront ses rayons en février. Est-ce la fin annoncée des œufs de batterie ?
Au Royaume-Uni, Sainsbury’s deviendra le 5 février prochain la plus grande chaîne de grande distribution à cesser la vente d’œufs de poules élevées en cage. Les 2,5 millions d’œufs de batterie commercialisés chaque semaine dans ses supermarchés se verront alors remplacés par des œufs de poules élevées en plein air. La part des œufs de plein air chez Sainsbury’s passera alors de 27% à 100%.
Les années récentes ont vu se multiplier les engagements de la grande distribution en faveur du bien-être animal. Ces politiques témoignent du potentiel économique des productions respectueuses des animaux, et de leur représentation valorisante auprès des consommateurs. Selon Johanne Mielcarek, chargée de campagnes à la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) :
« C’est une révolution ! En France, la tendance est plus lente, mais elle progresse toutefois dans la même direction : les œufs alternatifs ont désormais franchi le cap de 40% de la valeur créée sur les linéaires. Nous sommes ravis que les consommateurs français aussi se montrent attentifs aux conditions d’élevage, et cautionnent de plus en plus celles qui garantissent un meilleur respect des animaux : élevage en plein air, Label Rouge, agriculture biologique (AB) ».
En France, les œufs alternatifs devancent à présent le segment des œufs datés du jour de ponte : une croissance portée par l’envolée à deux chiffres des œufs Label Rouge et Bio. En 2007, les 16,9 M€ de chiffre d’affaires additionnel généré par les œufs bio, label Rouge et plein air en hyper et supermarchés ont constitué 94,4% de la croissance du march.
Selon une enquête Eurobaromètre menée en France en 2006 :
70% des Français estiment que le niveau de bien-être des poules pondeuses en élevage est mauvais,
76% se disent convaincus de pouvoir améliorer le bien-être des animaux en achetant des produits garantissant de bonnes conditions d’élevage,
56% s’estiment prêts à payer plus cher des œufs produits dans des systèmes plus respectueux du bien-être animal.
La France est le premier producteur d’œufs en Europe (43 millions par an). 75% des 300 millions de poules élevées dans l’Union Européenne sont maintenues en batteries de cages, et vivent sur une surface grillagée de 550 cm2, soit moins de la surface d’une feuille de papier. De nombreuses études scientifiques ont montré que ces cages contreviennent gravement au bien-être des oiseaux. S’appuyant sur cette importance expertise vétérinaire, l’Union Européenne a voté leur interdiction en 1999. L’interdiction entrera en vigueur dans les 27 pays de l’Union en 2012, au terme d’un délai de 13 ans laissé aux producteurs pour adapter leurs installations.
Les œufs de batterie ont-ils encore un avenir ?
La Commission européenne lance un site web sur le bien-être des animaux, baptisé «Farmland», qui vise à sensibiliser les enfants européens à l'importance de traiter les animaux d'élevage avec respect et humanité.
«Farmland» est un jeu interactif et informatif en ligne destiné aux enfants de 9 à 12 ans, qui a aussi pour but de doter les consommateurs de demain des moyens nécessaires pour choisir en connaissance de cause les denrées alimentaires qu'ils achèteront. La Commission est également en train de développer, à l'intention des instituteurs, une boîte à outils en ligne contenant des exercices pouvant être utilisés en classe pour aider les enfants à mieux comprendre la problématique du bien-être animal. Certains États membres ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet.
La commissaire européenne à la santé, Mme Androulla Vassiliou, a déclaré : "La nécessité d'informer les petits Européens sur le bien-être des animaux est apparue lors des premières graves épidémies de grippe aviaire en 2004. Les enfants ont vu des images télévisées de l'abattage des volailles, qui était nécessaire pour enrayer la propagation de la maladie. À la suite de ces images, beaucoup d'enfants, surtout en âge d'école primaire, ont envoyé des lettres et des dessins à la Commission en lui demandant d'intervenir pour protéger les animaux. Nous avons le devoir d'informer les enfants sur l'origine et la production des denrées alimentaires et de les sensibiliser aux animaux et à la manière de les manipuler et de les traiter."
>> Visiter Farmland
Chaque année, près de 360 millions de porcs, moutons, chèvres et bovins et plus de 4 milliards d'oiseaux de chair sont abattus pour l’alimentation au sein de l'Union européenne. La Commission européenne travaille actuellement sur une proposition de règlement relatif à la protection animale en abattoirs, destinée à remplacer la directive 93/119/CE de 1993.
En effet, le constat d’une mise en œuvre inégale de la réglementation actuelle entre les Etats membres, et d'insuffisances dans la prise en charge des animaux (équipements obsolètes, inefficacité de certaines pratiques d'étourdissement, mauvaise supervision, etc.) a amené la Commission à revoir les règles de protection des animaux à l'abattoir. Se basant sur les recommandations de l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), la proposition de la Commission vise principalement à accentuer les contrôles, prévenir les abus et étendre les responsabilités des personnels d'abattoir.
La PMAF regrette que soit maintenue la possibilité de déroger à l'étourdissement obligatoire des animaux dans le cadre de l’abattage rituel, ainsi que d'autres pratiques causant préjudice au bien-être animal, comme l'accrochage par les pattes d'oiseaux conscients sur les lignes d'abattage. En vue de l'adoption du texte définitif qui verra le jour en 2009, la PMAF agit de concert avec les organisations de protection animales européennes afin de renforcer le contenu des dispositions du règlement.
Près de 6 européens sur 10 (58%) estiment que le clonage d’animaux pour la consommation ne doit pas être justifiée. C’est le résultat d’une récente enquête de l’Eurobaromètre commanditée par la Commission européenne pour l’aider dans sa décision à autoriser ou limiter la pratique du clonage, et menée auprès de 25 000 européens en juillet dernier.
Fortes de ces résultats, de nombreuses associations de protection animale demandent expressément à la Commission d’interdire le clonage d’animaux pour la consommation, en raison des souffrances induites par cette technique, et d’interdire aussi l’importation de produits d’animaux clonés. En effet, les animaux clonés sont susceptibles de mourir prématurément, de souffrir de malformations ou de déficiences respiratoires, cardiaques, etc. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a également émis de sérieuses réserves sur l’impact du clonage sur le bien-être des animaux.
La PMAF rappelle également que, selon la directive européenne concernant la protection des animaux dans les élevages, « les méthodes d'élevage naturelles ou artificielles qui causent ou sont susceptibles de causer des souffrances ou des dommages aux animaux concernés ne doivent pas être pratiquées ».
Au lendemain des élections présidentielles, un autre résultat électoral fait la une des journaux californiens : une importante proposition de loi de protection des animaux de ferme – prévoyant l’amélioration des systèmes d’élevage en cages - a remporté plus de 60% des suffrages exprimés par référendum. Cette proposition prévoit que les possibilités de confinement des animaux de ferme soit limitées aux systèmes permettant aux animaux de pouvoir se coucher, se tenir debout, se retourner et étendre leurs membres.
Octobre 2008
Par ce vote, la Californie devient le premier état a dénoncer l’élevage des poules en cages de batterie. En effet, plus de 95 % des œufs produits aux Etats-Unis proviennent d’élevages intensifs, où les poules vivent suspendues dans des galeries de cages, claustrées à vie sur une surface plus petite qu’une feuille de papier A4. Au 1er janvier 2015, toutes les installations californiennes devront être adaptées, améliorant considérablement les vies des 19 millions d’oiseaux élevés chaque année dans cet état.
L’élevage des truies gestantes en cages, ainsi que la contention des veaux en boxes individuels, attachés par le cou et incapables d’étendre les membres ou de se retourner, se voient également proscrit par cette loi, qui exprime avec force les inquiétudes d’une majorité de citoyens à l’égard des conditions ordinaires d’élevage des animaux de ferme.
Aldi et Lidl prennent le bien-être animal au sérieux : les deux chaînes de distribution « hard-discount » ont décidé de ne plus vendre de viande de porcs castrés dans leurs supermarchés aux Pays-Bas à partir du 1er janvier prochain.
Dans ce pays, en effet, la castration des porcelets mâles est l’objet d’un vaste débat public. Il a déjà conduit l’ensemble des supermarchés néerlandais à s’accorder pour cesser la commercialisation de viande de porcs castrés sans anesthésie à partir de mars 2009. En décidant d’anticiper cette échéance, et de refuser toute viande de porc castré – même avec anesthésie – les deux discounters allemands créent l’événement. Ils prennent également de court leurs concurrents dans un marché en pleine mutation, où la question des conditions d’élevage des animaux intéressent de plus en plus les consommateurs.
Dans ce contexte, la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) apporte sa collaboration au projet européen Pigcas. Ce dernier a pour objectif de fournir des informations sur les conséquences pour le bien-être animal de la castration chirurgicale des porcs, en étudiant notamment les pratiques en vigueur dans l’UE, l’attitude des parties prenantes face à ces pratiques et les solutions envisageables pour remplacer les interventions chirurgicales actuelles.
Plus d’infos sur : http://www.rennes.inra.fr/pigcas/index.htm
L’élimination massive d’animaux « inutiles » compte parmi les réalités méconnues du monde de l’élevage. Improductifs par définition en filière avicole de ponte, 43 millions de poussins mâles sont éliminés chaque année par broyage mécanique ou par gazage au dioxyde de carbone. Chez les canards mulards, seuls les mâles sont gavés pour la production de foie gras. Chaque année, plus de 30 millions de canetons femelles sont ainsi tués à l’éclosion dans les mêmes conditions. L’avenir des veaux mâles n’est guère plus radieux : mis au monde pour provoquer une lactation chez leur mère, ces jeunes animaux ne présentent pas d’intérêt pour l’industrie laitière qui n’exploite par définition que les femelles. Ils sont ainsi abattus à la naissance, ou transportés sur de longues distances vers des centres d’engraissement pour les marchés espagnol ou italien.
A la recherche de solutions concrètes permettant d’améliorer cette situation, de nombreuses associations de protection animale – dont le siège international de la PMAF au Royaume-Uni – lancent un appel aux éleveurs, les encourageant à inséminer leurs animaux avec du sperme sexé, permettant d’orienter le sexe des animaux à naitre. En effet, un récent rapport indique que les réticences exprimées par le monde de l’élevage sur cette pratique reposent sur des informations périmées. Ainsi, au Royaume-Uni, les géants de la grande distribution sont engagés dans un projet pilote visant à la fois à encourager l’utilisation de sperme sexé et à mieux adapter le marché à la situation problématique des veaux mâles issus de l’industrie laitière.
Le 3 septembre dernier, le Parlement européen a adopté une résolution appelant à interdire le clonage animal à des fins alimentaires, et a annoncé un embargo sur les importations d'animaux clonés, de leur progéniture, ainsi que de la viande et des produits laitiers issus de cette filière. Cette décision concernant l'interdiction du clonage à des fins alimentaires a été adoptée après avoir pesé les bénéfices possibles et les préoccupations d'ordre éthique, en particulier en ce qui concerne le bien-être animal.
En effet, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a mené une étude complète relative aux effets du clonage animal sur le bien-être des animaux. Selon ses conclusions, « la santé et le bien-être d'une grande partie des animaux clonés étaient défavorablement affectés, souvent de manière sérieuse et fatale ». La mort et la maladie à un âge précoce (en raison de défaillance cardiaque, de carence immunitaire, de défaillance hépatique, de problèmes respiratoires et de malformations rénale et musculo-squelettique) surviennent plus fréquemment chez les animaux clonés que chez ceux issus d'une reproduction normale. D'autre part, les grossesses à problème et les fausses couches sont beaucoup plus fréquentes chez les mères porteuses.
La résolution parlementaire s'applique uniquement au clonage d'animaux à des fins alimentaires. Elle a été adoptée par 622 voix pour, 32 contre et 25 abstentions.
Télécharger le communiqué de presse de la Commission européenne (PDF - 160 ko)
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a lancé la préparation du 5ème schéma prévisionnel national des formations de l'enseignement agricole technique (SPNF). Ce document doit définir les orientations stratégiques pour l'enseignement technique agricole sur la période 2009-2013. Selon les souhaits du ministre, le document final devra permettre à l'enseignement agricole de relever les grands enjeux de l'agriculture : l'alimentation, la sécurité sanitaire et le développement durable.
Les rapporteurs ont entamé une série de consultations des partenaires concernés (syndicats, parents d'élèves, collectivités locales, organisations professionnelles, etc.). Auditionnée début juillet, la PMAF a rappelé son souhait que les questions relatives au bien-être animal fassent partie intégrante de l'enseignement agricole, tant concernant ses aspects réglementaires, sociétaux ou scientifiques. L'association a également exprimé le souhait que les professeurs de zootechnie soient mieux formés aux questions relatives au bien-être animal.
Dans de nombreux pays européens, les démarches « bien-être » concertées entre producteurs, distributeurs, et associations se multiplient avec succès, révélant la progression de niches économiques généralement sous-exploitées par les filières françaises. Les pistes de valorisation des produits agricoles français auprès des consommateurs européens soucieux du bien-être animal ont-elles toutes été explorées ? Les futurs éleveurs sont-ils toujours bien informés de ces importantes évolutions du marché ?
La nouvelle Commissaire européenne à la Santé, Androula Vassiliou, se montre confiante dans le respect du calendrier d’application de la nouvelle Directive européenne sur les poules pondeuses dès 2012. Selon elle, l’industrie de l’oeuf ne se verra accorder aucun délai supplémentaire pour convertir les installations et tourner définitivement le dos aux cages de batterie conventionnelles.
Selon la Commission, le retard accumulé par certains éleveurs dans la conversion tient essentiellement aux faux espoirs que les filières ont entretenu auprès des producteurs, laissant entendre que la Directive pourrait se voir repoussée, voire annulée. Par l’intermédiaire de son porte-parole, la Commissaire a mis un point d’honneur à rappeler que la Directive qui entrera en vigueur en 2012 a été adoptée en 1999, et que les producteurs d’œufs ont ainsi bénéficié d’un délai de 12 ans pour s’y préparer : un record !
Enfin, Mme Vassiliou rappelle que tout report désavantagerait les nombreux éleveurs qui se sont déjà mis aux normes, notamment dans les nouveaux pays membres où les systèmes d’élevage alternatifs sont en forte progression, et que l’interdiction des cages de batterie conventionnelles constitue une avancée très attendue. Les sondages montrent en effet que les conditions d’élevage des poules pondeuses sont celles qui préoccupent le plus les consommateurs européens.
Deux leaders de l'agro-alimentaire, McDonald's et Unilever, jettent un pavé dans la mare : elles viennent de renoncer officiellement à s'approvisionner en oeufs issus de poules élevées en cages. Elles ont reçu à Bruxelles, des mains d'organisations de protection animale, un prix européen récompensant leur politique d'achat attentive au bien-être des animaux.
Pour la 2ème année consécutive, le prix européen des « Good Egg Awards » a été décerné aux enseignes du secteur alimentaire impliquées contre l'élevage en batterie des poules pondeuses, engagées à ne plus commercialiser d'oeufs produits par des poules élevées en cages. L'oeuf de batterie domine encore le marché européen : 80% des poules élevées pour leur oeufs sont encore détenues en élevages en batterie. Aux côtés d'autres sociétés européennes primées, les deux multinationales McDonald's et Unilever contribueront à ouvrir les cages de plus de 10 millions de poules pondeuses en Europe. Un événement relayé en France par la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF).
Pour Keith Kenny, de McDonald’s Europe : “Nos consommateurs font preuve d'un intérêt croissant pour le bien-être animal et le développement durable. Nous croyons aussi en la justesse de ce choix. Etre une entreprise de restauration rapide est une chose; être une entreprise servant rapidement de la bonne nourriture en est une autre. Il s'agit là de notre initiative la plus récente pour évoluer dans cette direction.” Unilever est le second plus gros producteur du secteur alimentaire en Europe. Plus aucun oeuf produit par des poules en cages n'entrera dans la composition des mayonnaises et sauces commercialisées par le groupe (Maille, Amora, Hellmann's, Calvé) d'ici 2010, dans 11 pays d'Europe, dont la France.
Retrouvez toute l’actualité des œufs sur le site www.oeufs.org
En élevage intensif, l'état physique des porcs et des truies est parfois affaibli par des systèmes inadaptés et les contraintes qu'imposent une croissance rapide ou une haute prolificité. Ces circonstances exposent les animaux à des blessures, des accidents, ou les prédisposent à des pathologies qui les invalident et les rendent inaptes au transport.
Le vendredi 18 avril, la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) a participé à une réunion de travail sous l'égide du ministère de l'Agriculture, pour définir la meilleure prise en charge des animaux malades ou blessés et légiférer sur ce point.
La réglementation européenne actuelle proscrit le transport d'animaux incapables de se déplacer par eux-mêmes. Les enquêtes menées en abattoirs par la PMAF depuis 2006 auprès de ces animaux invalides, illégalement transportés, ont suscité la réaction des filières de production. Celles-ci viennent de mettre au point une grille d'aide à la décision, afin d'habiliter éleveurs et transporteurs à ne destiner au transport que des animaux valides et sains.
Désormais,la question de la « prise en charge » de ces animaux intransportables se pose donc à la ferme et réclame des moyens acceptables pour abréger, sur place, les souffrances de ces animaux incurables. Des solutions sont désormais à l'étude pour permettre une mise à mort décente et éthique des animaux retenus sur la ferme par leur état.
La Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) se réjouit de l'esprit constructif dans lequel se sont déroulées les discussions avec les filières, vétérinaires et institutions. Elle a néanmoins affirmé son souhait d'approfondir les réflexions, de s'attaquer aux racines des problèmes et questionner les pratiques d'élevage actuelles.
L’affaire est suffisamment sérieuse pour que célèbre journal The Independant en fasse sa une du 28 février : « une campagne d’information bouleverse les habitudes alimentaires de la nation ». En effet, les ventes de poulets élevés en plein air explosent au Royaume-Uni. Suite à l’une importante campagne d’information sur l’élevage intensif des poulets menée par la RSPCA et CIWF, les ventes de volailles industrielles ont baissé de 7% et celles de poulets fermiers ont grimpé de ... 35% !
L’ensemble des supermarchés britanniques essuient ainsi les plaintes de nombreux consommateurs, mécontents devant les rayons vides d’où les poulets élevés en plein air se sont envolés. Selon un responsable des supermarché Sainsbury’s : « les ventes augmentent de 50 % d’année en année, ce qui signifie que nous n’avons jamais vendu autant de poulets « bien-être ». Cela signifie aussi que nous en vendrions encore davantage si nous en avions suffisamment pour répondre entièrement à la demande des consommateurs ».
Afin de mieux y répondre, les supermarchés se tournent actuellement vers les filières alternatives en France, où existe une forte tradition de poulet fermier labellisé. Une preuve supplémentaire que, lorsque les consommateurs sont informés honnêtement, le bien-être animal et le succès économique peuvent composer un mariage heureux !
En 2012, les éleveurs de poules pondeuses ne devraient plus détenir leurs animaux dans de minuscules cages de batterie. Dans un rapport fort attendu et rendu public ce mardi à Bruxelles, la Commission européenne confirme la date butoir de 2012 pour bannir du paysage agricole européen les cages de batterie les plus petites.
Malgré un lobbying des filières avicoles pour conserver le système actuel de production intensive, la confirmation de l'interdiction tranche clairement en faveur du bien-être des oiseaux. La réglementation ne signe pas pour autant la fin de la production en cages. Seules seront interdites les cages les plus petites, dénuées d'équipements. Les cages dites « aménagées » (d'un nid artificiel, perchoir et bac à poussière) prendront alors la relève, aux côtés d'élevages alternatifs de plein air ou de poules élevées au sol.
Des chaînes de supermarchés européennes n'ont pas attendu la réglementation pour s'engager contre la production d'oeufs de batterie. Lundi au Royaume-Uni, Co-op est devenue la dernière chaîne en date à rompre avec la commercialisation d'oeufs de batterie : une entrée remarquée dans la cour des distributeurs engagés, aux côtés de Marks & Spencer, Waitrose, Sainsbury's et Morissons. Les observateurs se risquent désormais à affirmer que les oeufs produits en cages auront définitivement perdu leur place dans les rayons britanniques d'ici deux ans.
La castration des porcelets sans anesthésie est en passe d'être rangée au titre de l'histoire ancienne aux Pays-Bas. Les acteurs de l'industrie porcine et les associations de protection animale néerlandaises travaillent actuellement à la définition d'un accord mettant fin à la castration des porcelets sans anesthésie. Les termes de l'accord devront permettre aux éleveurs de pratiquer cette anesthésie eux-mêmes, sans le recours (coûteux) à un vétérinaire. Parmi les alternatives à l'étude, une attention particulière est portée à l'anesthésie au CO2, qui fait actuellement l'objet de recherches par le Groupe de Sciences Animales à l'Université de Wageningen.
A l'échelle de l'Europe, une réflexion similaire est engagée dans le cadre du projet européen PIGCAS, à laquelle participe également la PMAF aux côtés des chercheurs et des acteurs de l'industrie du porc : http://w3.rennes.inra.fr/pigcas/index.htm
Parallèlement, la chaîne de fast-food Burger King annonce que la viande de porc commercialisée dans ses restaurants aux Pays-Bas continuera à n'être issue que de porcs non castrés. La chaîne de restauration rapide se fournit en Irlande et au Royaume-Uni, où la pratique de la castration est interdite.
Le ministre britannique de l'agriculture Lord Rooker a annoncé le 9 novembre dernier que les cages de batterie nues pour les poules pondeuses seront bannies dès 2012, ainsi que le prévoit la Directive Européenne adoptée en 1999. Le gouvernement de Gordon Brown confirme par cette décision les tendances actuelles d'un marché qui tourne progressivement le dos aux œufs de batterie. En effet, les consommateurs britanniques se tournent de plus en plus vers les œufs issus de systèmes alternatifs, dont le développement répond à une demande croissante en œufs de plein air.
Les cages de batterie nues devraient être interdites dans les 27 pays de l'Union en 2012. Toutefois, de nombreuses pressions s'exercent pour en retarder l'entrée en vigueur. En réponse à une question à l'assemblée, le gouvernement britannique avait déjà déclaré qu'il soutiendrait l'interdiction des cages de batterie conventionnelles en Europe dès 2012. Désormais, il annonce que ces cages seront interdites au Royaume-Uni quelle que soit la décision prise au niveau européen.
Les oeufs de poules élevées hors-cage (œufs bios, œufs de poules élevées au sol, œufs plein air), sont désormais les plus vendus en Belgique. Après Makro, Colruyt, Lidl et Delhaize, Aldi devient la cinquième chaîne de supermarchés en Belgique à ne plus vendre que des œufs provenant de systèmes d'élevage plus respectueux du bien-être animal. De son côté, Carrefour Belgique annonce que ses supermarchés ne commercialisera sous sa propre marque que des œufs de poules élevées au sol et en plein air (ce qui représente 100 millions d'œufs chaque année, 75% du total de ses ventes d'œufs, et concerne les vies de 180 000 poules.
En termes de volumes, les oeufs de la catégorie bio, élevées au sol et élevées en plein air représentent désormais une part de marché de 54%. En 2005, les oeufs de poules en cages représentaient une part de 62%. La part des œufs issus de systèmes alternatifs va encore augmenter à mesure que d'autres chaînes de supermarchés passeront aux œufs de poules élevées en libre parcours. En effet, 89% des ventes d'œufs en Belgique sont réalisées dans les supermarchés.
>> Source
Au Royaume-Uni, la chaîne de supermarchés Waitrose vient d’annoncer que la viande de porc commercialisée dans l’ensemble de ses 300 magasins provient désormais exclusivement d’élevages en plein air. Il y a 4 ans, la chaîne annonçait l’abandon des stalles de gestation pour les truies (confinement des truies entre 4 barrières sans possibilité de mouvement, classiquement utilisé en élevage).
Selon Jane Clarke, responsable des achats chez Waitrose : « les stalles de gestation sont à l’élevage porcin ce que sont les cages de batterie à l’industrie de l’œuf : les animaux y sont confinés sans aucune possibilité d’exprimer leurs comportements naturels. Comme le bien-être animal compte parmi nos principaux engagements, nous mettons un point d’honneur à nous fournir en viande de porc produite sans ce système au Royaume-Uni et au Danemark ».
L’élevage des truies en stalles de gestation demeure légal en Europe. Toutefois, les stalles ont été interdites au Royaume-Uni et en Suède, et le seront dans toute l’Union Européenne à partir de 2013 (sauf durant les 4 premières semaines de gestation)
Le réseau « AgriBEA » de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) regroupe des chercheurs issus de nombreuses disciplines (zootechnies, éthologie, sciences sociales et économiques etc.) intéressés par l'étude du bien-être animal. Plusieurs associations de défense des animaux ont été conviées à assister à la réunion du groupe, ce mercredi 4 juillet. A l'ordre du jour : les «Réponses de la recherche aux interrogations sur le bien-être animal. Les enjeux de l'expertise pour la production de connaissances robustes ».
La PMAF a répondu présente, et a affirmé son souhait que des efforts de recherche sur le bien-être animal soient notamment développés pour résoudre les problèmes techniques qui peuvent apparaître lors de l'utilisation de méthodes d'élevages alternatives. Ces modes d'élevage offrent un réel potentiel de bien-être aux animaux, mais font trop peu l'objet de recherches pour améliorer leurs inconvénients (ex : agressivité chez les poules pondeuses élevées en groupe, augmentation de la mortalité dues à certaines maladies etc.). La PMAF demande également qu'un nouvel axe de recherche soit pris afin d'adapter les pratiques d'élevage aux besoins des animaux et non pas les animaux aux pratiques d'élevage en place (ex : coupe des queues des porcelets). Assurément, ce colloque constructif marque un début de dialogue entre l'INRA et la société civile.
La PMAF a accueilli Anne Malleau, directrice de la fondation Animal Compasion – créée par la chaîne américaine de supermarchés biologiques Whole Foods Market – et sa collègue Frances Flower. Au programme : visites de systèmes d'élevage particulièrement respectueux des animaux, dans le cadre d’un projet de labellisation « bien-être animal » pour les consommateurs américains.
A cent lieues des pratiques courantes de l’élevage industriel, nos amies américaines ont pu découvrir :
- la ferme bovine biologique de Loïc Villemin et ses veaux élevés en plein air
- un élevage Cocorette, commercialisant sous AB et Label Rouge des œufs de poules élevées en plein air
- la ferme porcine de Thierry Schweitzer, créateur d’un système d’élevage sur paille en partenariat avec la SPA
- un élevage Alsace Volailles, qui encadre la production sous Label Rouge de volailles élevées en plein air
Un grand merci aux éleveurs et producteurs qui nous ont accueilli avec passion et amitié dans des lieux où le bien-être animal constitue un véritable engagement.
Le 20 mars dernier, le bureau international de la PMAF aux côtés de la Coalition européenne pour les animaux de ferme ont réuni des entreprises engagées dans une démarche de prise en compte du bien-être des poules pondeuses, en éliminant, qui de leurs rayons, qui des repas servis dans leurs réfectoires, les œufs provenant d’élevages de batterie. Ainsi la chaîne Biocoop s'est vue décerner le premier prix européen "Good Egg Award", soulignant ainsi les efforts de la filière bio pour assurer aux animaux des conditions de vie acceptables.
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